Communiquer, c’est bien. Entendre, c’est mieux.

Lorsqu’on se lance dans la communication intuitive, qu’il s’agisse d’apprendre des techniques ou simplement de faire appel à un.e professionnel.le, il faut être prêt à écouter et comprendre ce que l’animal veut dire. Dans le dialogue qu’on établit avec l’autre, parce que nous sommes programmés ainsi, programmés par la sociétés mais aussi par nos propres grilles de lectures, nous avons toujours tendance à « lire » ce qui est exprimé à travers une interprétation qui ne tient pas toujours compte de ce que vit et ressent celui ou celle qu’on a en face.

Tout individu évolue dans son univers propre. Je crois n que c’est Guillaume d’Occam qui parlait de nous en termes de singularités incommunicables : chacun de nous est un microcosme, qui perçoit l’extérieur à l’aune de ses propres règles. Le psychanalyste Winnicott considérait que le jeu, les arts, la religion – de manière générale, les centres d’intérêts communs – aidaient à créer des espaces intermédiaires d’expérience, un peu comme des bulles nées de deux mondes qui donneraient un peu d’eux-mêmes pour en créer un nouveau. Ainsi, chaque lien, chaque relation donne naissance à un autre monde.

Au-delà de ces liens, de ces mondes, il y a tout le reste – le fait qu’être ami avec quelqu’un, par exemple, implique normalement de pouvoir aller au-delà de cet espace neutre (ou l’emprunter comme un chemin) pour l’aider, le comprendre ou simplement entendre ce qu’il dit. Et là, c’est plus compliqué. on se heurte de nouveau à cette foutue singularité incommunicable, avec son système de lecture, ses failles, ses croyances, son égo (qui fait ce qu’il peut, lui, pour attirer l’attention sur des besoins ou des blessures dont nous n’avons pas forcément conscience).

Ainsi, cela réclame parfois – souvent ? – un effort de se mettre réellement à la place de l’autre, ou tout simplement de le comprendre sans calquer sur lui ce que nous croyons juste. C’est aussi compliqué d’écouter (je sais, je l’ai déjà écrit) ce qu’il exprime , d’accueillir VRAIMENT ses paroles…

Avec les animaux des autres espèces, c’est encore plus compliqué. Et ce, d’autant que nous sommes souvent dans le jugement (des autres), dans le déni (de ce qui nous est révélé), dans l’égo, dans le besoin de miroir, ou tout simplement parce qu’une véritable écoute peut secouer. Parce qu’on se rend compte qu ils ne cessent de communiquer avec nous, en tous cas ceux qui nous sont proches, à leur manière. Ils vont faire des efforts énormes pour se faire comprendre, mais trop souvent nous ne voyons pas ou ne voulons pas voir, ou n’avons pas les bonnes interprétations.

Le problème, comme je l’ai déjà souligné, c’est que nous avons été éduqués à ne pas les écouter. Nous avons des schémas très profondément imprimés en nous qui nous conditionnent à interpréter leur comportement de façon complètement absurde. Parce qu’un animal doit obéir et répondre à tel ou tel critère – selon ce qu’on pense être normal. Et dans nos conditionnements, nous apprenons qu’un animal, de même qu’un enfant, doit obéir (et faire science po), sous peine d’être taxé de « mal éduqué » ou « nul ».. Une critique extérieure qui fait trop souvent mouche puisque nous plaçons aussi notre égo (encore lui) dans ce qu’ils sont censés refléter de nous.Ainsi, un chat qui refuse de manger sa nourriture habituelle est forcément « capricieux » un cheval qui met les oreilles en arrière quand on le selle a « mauvais caractère », etc. Alors qu’un chat peut avoir des troubles intestinaux, un début d’insuffisance rénale, ou juste pas envie (et ce n’est pas grave) etc. et un cheval des douleurs dans le dos ou à l’épaule. Une jument peut également être sujette à des douleurs ovariennes qui rendent limite insupportable le fait de se déplacer.

La communication animale fait « sauter » ces œillères et ces jugements. L’animal avec lequel nous sommes en contact exprime sincèrement ce qu’il ressent, ce qu’il pense (bien sûr, ses pensées évoluent, tout comme les nôtres), ce qui le préoccupe, ce qui le fait souffrir ou ce qu’il aime. Certains vont parler de leur passé, d’autres font table rase (ça arrive).. Tous seront honnêtes- pas forcément clairs ni à l’aise, surtout si c’est les premières fois, mais entiers dans ce qu’ils révèlent.

Il faut que nous, de notre côté, nous soyons prêts à les entendre VRAIMENT – c’est-à-dire être prêt à leur demander comment les aider à améliorer une situation par exemple, plutôt à qu’à nous justifier sans tenir compte de ce qu’ils disent.

Je me souviens d’une personne qui m’a demandé de communiquer avec son cheval, pour savoir ce qu’il préférait (obstacle ou balade, etc.)- et m’a recontactée trois mois plus tard parce qu’elle songeait à le vendre – elle n’avait pas tenu compte de ce qu’il disait, il avait peu à peu renoncé à communiquer et s’était enfermé dans une attitude « rétive ». Mais que pouvait-il faire d’autre ? Autre exemple : un chien avec lequel on m’a demandé de parler développe un comportement peu commode avec les gens. Au cours d’une seconde communication, il me manifeste sa tristesse, sa colère et son désarroi, et m’en livre les raisons. Ses conditions de vie n’ont pas changé, personne n’a tenu compte de ses sentiments, de ses peurs. et la situation continue à empirer…

En se confiant, l’animal nous fait un cadeau immense. Il nous faut en être conscients et accueillir, accepter ce qu’il nous donne, même si c’est difficile. La communication intuitive offre une réelle possibilité d’écouter leur voix, mais il faut être conscient que cela libère des émotions extrêmement fortes et ouvre la porte à une autre dimension dans les relations que l’on a avec eux

. Mieux vaut en être conscient avant de s’engager sur cette voie. Sinon, c’est trop douloureux pour eux.

Mais si nous acceptons de lâcher prise, de nous débarrasser de tous nos jugements appris, de nos peurs , de notre flemme dès qu’il s’agit de changer nos habitudes ou de nous remettre un chouia en question, alors nous apprenons à écouter, vraiment.

Et nous découvrons que la communication intuitive permet de s’ouvrir aux autres, au monde, et de devenir une meilleure personne.

Un commentaire sur “Communiquer, c’est bien. Entendre, c’est mieux.

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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