Tu ne peux plus faire « comme si… »

D., notre jument veut un poulain depuis plusieurs années. Et cette envie d s’intensifie d’autant plus que nous sommes installés dans un lieu propice à accueillir une nouvelle vie et la voir s’y épanouir. Cette envie s’intensifie également car les cycles d’ovulation sont longs et extrêmement forts. Nous avons attendu d’être « au bon endroit ». Nous avons écouté notre jument, et temporisé. « Bientôt. » « Quand ce sera le moment »

Quel est le bon moment, justement ? Et jusqu’à quand est-il possible d’écouter une personne en ne tenant compte qu’à moitié de ses besoins ? « Nous entendons, mais… » Lors d’une des dernières séances effectuées avec elle, j’ai ressenti très fort son envie d »avoir ce poulain (non, je ne projette rien, je n’ai pas d’enfant et n’ai jamais souhaité en avoir), ses douleurs ovariennes (comment peut-on vivre avec de telles douleurs ? Une humaine serait couchée, au lit avec une bouillotte sur les reins de de l’aspirine) et son incompréhension devant ce temps qui passe, qui stagne.

Il y a un moment où on ne peut plus « faire comme si » c’était bien d’attendre.

Il y a un moment où on ne peut plus faire « comme si » ce que nous hurle notre jument n’était pas vital pour elle..

Il y a un moment où on ne peut plus ignorer que ce qui se passe n’est pas juste.

Pour D., nous avons décidé de faire le nécessaire pour qu’elle ait son poulain et puisse se réaliser ou du moins réaliser une partie de son chemin de vie. Une partie essentielle pour elle.

Et si je vous parle de cela dans cet article, c’est parce qu’être à l’écoute de l’autre, qu’il s’agisse d’un cheval, d’un autre compagnon d’espèce différente ou d’un humain, c’est s’engager à être juste. A ne plus « faire comme si ». Si vous effectuez / demandez à un.e pro une communication intuitive, vous vous engagez sur un chemin d’écoute et de prise en considération de l’autre. Si votre cheval n’aime pas sauter et vous le dit, vous ne pouvez plus ignorer que cela lui déplaît, le stresse, l’ennuie, etc. Si votre chat a vraiment vaiment du mal avec les câlins collés-serrés, vous devez prendre cela en compte et accepter que s’il vous griffe, c’est parce que vous n’avez pas tenu compte de ce qu’il a exprimé.

Cela ne signifie pas qu’on doit oublier nos propres envies (sauter des obstacles par exemple) au profit de celles des autres. Cela signifie qu’on doit être prêt à prendre l’autre en considération, à se remettre en question si besoin et à poser les bonnes questions (Quels sont les câlins qu’apprécie Minou ? C’est quoi le trip de Jolly Jumper ?) afin si cela est possible de trouver des compromis. Et nos amis autres qu’humains sont plus souvent qu’on ne le pense ravis de négocier. En revanche, il faut être prêt à voir une situation dégénérer si on ignore délibérément ce que l’autre nous dit. oui, cela peut être une relation qui se dégrade ou devient de plus en plus conflictuelle, mais cela peut être sa santé qui se détériore, en raison du stress subi ou parce qu’il n’a pas trouvé d’autre moyen de hurler que cela n’allait pas…

C’est pour cela que je suis de plus en plus attentive à ce que les personnes qui me demandent une séance de com avec leur compagnon/ compagne autre qu’humain.e soient bien conscients de ce que cela implique, réellement, qu’il leur sera impossible, ensuite de « faire comme si » la séance n’avait jamais eu lieu…