communication animale

Étymologiquement, communication signifie : transmettre, partager, voire dialoguer. On peut également parler d’interprétation ou de traduction, dans la mesure où celui qui communique sert d’intermédiaire entre l’animal et l’humain.

Qui communique, et comment ?

À la base, tout individu est capable communiquer avec un animal autre qu’humain. Antérieurement au langage verbal, il y a des formes de communication liées à des ondes, des fréquences émotionnelles et cognitives semblables à celles des téléphones ou des radios, et c’est grâce à elles que cette communication intra et interspécifique est possible.

Cette communication passe par les 5 sens, par le langage corporel si besoin, et par le même système d’ondes et de fréquences que le nôtre – même si nous devons faire un effort pour nous mettre sur la bonne fréquence, au bon moment.

  Pourquoi, en ce cas, si chacun de nous possède cette capacité, si elle est innée, y a –t-il un apprentissage ? Parce que nous vivons dans un monde rationnel, matérialiste. Parce que nous avons appris que la science est vérité, mais surtout parce que nous avons été programmés pour nous défier de, ignorer, mépriser tout ce qui est de l’ordre de l’émotion, du ressenti, de l’intuition.

Anthropomorphisme, anthropodéni, limites de la communication intuitive

Il peut être destructeur ou dangereux de transformer les animaux autres qu’humains en personnages de dessin-animés Disney avec de grands yeux naïfs, qui correspond en fait à la vrai définition de l’anthropomorphisme (donner forme humaine). Dans la façon dont le terme est galvaudé aujourd’hui, il s’agit cependant d’une critique assez commode de toute parle visant à mettre les autres espèces à égalité avec la nôtre. En somme, d’une critique visant à conserver un anthropocentrisme bien confortable, voire de faire ce que l’auteur Safran Boer nomme l’anthropodéni, et ainsi de refuser aux animaux autres qu’humain le droit d’avoir une conscience et des sentiments, une morale qui peut être comprise comme la capacité d’évaluer ce qui est juste et ne l’est pas, de l’affection pour autrui, de l’amour. Comme le montre par exemple l’éthologue Frans de Waal, des rats vont refuser de se nourrir si cela signifie faire souffrir un congénère. Ainsi, les animaux autres qu’humains sont capable d’expression, de sentiments et de réflexion : ce qui se traduit, lorsqu’on communique avec eux, par des images, des émotions, des mots ou des phrases. Mieux : si nous prenons un peu de recul, il n’est pas très compliqué de voir que cette « vision du monde à partir d’un point de vue spécifique  » l’est aussi d’un point de vue subjectif. je ne connais de l’autre que ce que je perçois à partir de ma propre vision du monde et de ma propre expérience. Ainsi, en supposant qu’une personne va réagir de telle ou telle manière à une situation donnée, je fais du x-morphisme (charlotto-morphisme, par exemple). Un humain perçoit effectivement le monde avec ses propres filtres. Il fait de l’anthropomorphisme. Un chat fera du chattomorphisme et tel cheval, qui a tel vécu, fera du x-morphisme (non seulement son vécu personnel et en plus sa façon de lire le monde à travers les filtres de son espèce). Ce que cela pose : chaque espèce perçoit le monde à sa façon, et chaque individu au sein de chaque espèce perçoit le monde différemment. Au lieu de chercher ce qui fait de nous des êtres tellement différents des – et supérieurs aux – autres (animaux, genres, peuples… eh oui…), il est grand temps d’apprendre à reconnaître et à apprécier ce qui nous lie les uns aux autres, car c’est ce qui nous donne des clefs pour nous comprendre et créer des espaces communs. *

Mais, bien sûr, il faut toujours prendre en compte l’instinct, présent chez les autres espèces de façon bien plus vive et moins policée que dans la nôtre. Sans cela, il peut être difficile de comprendre les limites de la communication intuitive.

L’une des raisons pour lesquelles il est très compliqué de communiquer avec un animal en fuite, en fugue ou perdu. En effet, il est ou se met dans un état proche de la sidération (ou dissociation). Il devient pur instinct : c’est le cervelet qui est aux commandes, il ne pense qu’à sa survie, c’est-à-dire : attaquer ou fuir. Nous ne sommes pas si différents: en situation extrême, nous laissons notre cervelet aux commandes…  Il n’y a aucun autre mode qui rentre en jeu. 

C’est pour cela qu’il est extrêmement difficile d’essayer de retrouver un animal perdu,volé, ou en fuite. Et, même si on communique avec l’animal, on n’aura qu’une idée fragmentaire de sa localisation et de son état…

Quand on communique avec un animal, cela se traduit par des émotions que l’on reçoit comme s’il s’agissait des nôtres, des mots, des images, parfois des sons ou des odeurs. Cela dépend de chacun.e. Certains animaux vont être très bavards, d’autres, intimidés, laconiques – ils ont parfois besoin de prendre le temps de la réflexion avant d’accepter de communiquer avec un.e humain.e.

Notre rôle, en tant que communicateur.ice.s, comme je l’ai écrit plus haut, est de traduire et transmettre, en étant le plus proche possible de ce que nous a confié l’animal (et des questions de son humain.e). Pas de juger ni d’interpréter. Toutefois, nous sommes parfois faillibles… Si le compte-rendu d’une communication ne vous convient pas, n’hésitez pas à faire appel à une autre personne – comme pour un médecin…

Si vous avez des questions à propos de la communication intuitive, de la manière dont je procède, n’hésitez pas à me contacter.

  • Heureusement, l’éthologie contemporaine, en particulier grâce à des personnalités comme Jane Goodall, Mark Bekoff, Frans de Waal et de plus en plus de jeunes chercheur.euse.s, on commence à voir le bout des étiquettes réductrices visant à cloisonner le vivant… cf l’excellent colloques : Représentations animales dans les littératures de l’imaginaire: ici! Je vous renvoie également aux géniales émissions sur France Culture: L’Animal est-il l’avenir de l’homme ?!